La chapelle Sainte-Louise
La chapelle Sainte Louise est construite grâce à l’aide des Chantiers du Cardinal, fondés par le cardinal Verdier, archevêque de Paris (1929-1940). Cette œuvre diocésaine répond à trois grandes urgences : aider financièrement les paroisses pauvres, rechristianiser la banlieue parisienne et fournir du travail aux ouvriers au chômage. En effet, la situation du pays et du diocèse de Paris en particulier est délicate dans les années 1930. La France est à l’aube d’une grave crise économique, qui touche l’ensemble de la société.
Le cardinal Verdier, épris de justice sociale, propose donc d’ouvrir de grands chantiers de construction, pour contribuer à redynamiser la banlieue ouvrière, touchée de plein fouet par la crise. En outre, il sait que son diocèse et surtout la banlieue ouvrière en pleine croissance est profondément déchristianisée. Le livre du jésuite, le P. Lhande, intitulé « Le Christ dans la banlieue » (1927) a profondément troublé l’Eglise catholique. L’ouvrage se présente comme une enquête menée pendant de longs mois « dans les milieux ouvriers de la banlieue parisienne ». Et le constat est accablant : non seulement la population est peu sensible au message du christianisme mais les lieux de culte sont insuffisants.
Il s’avère par conséquent absolument nécessaire de prendre en considération la question ouvrière et de lancer au plus vite une dynamique de reconquête catholique, un peu comme à l’époque de saint Vincent de Paul et de Louise de Marillac. La construction d’églises, de chapelles et de bâtiments paroissiaux doit permettre de répondre à ces besoins, de repenser le réseau paroissial dans sa dimension religieuse mais aussi humaine. Or, il existe ici et là de nombreuses paroisses pauvres, qui depuis la loi de séparation des Eglises et de l’Etat en 1905, ne peuvent subvenir à ces travaux importants. Il convient donc de les y aider financièrement, en misant sur le principe de solidarité entre paroisses riches et pauvres. L’Eglise catholique, plus que jamais, doit être visible dans ces coins de banlieue, trop longtemps oubliés.
C’est dans ce sens que le cardinal Verdier lance en 1931 son Œuvre des Chantiers du Cardinal. A sa mort en 1940, 110 églises ont déjà été construites. Parmi elles, la chapelle Saint Louise de L’Haÿ.
Cette chapelle est bâtie dans un quartier excentré du vieux L’Haÿ, que l’on appelle familièrement « le Tonkin », situé à l’autre bout du monde. L’Haÿ est alors un bourg en plein essor. Comme l’écrit le P. Lhande en 1927, « Là encore, aux flancs du joli village si pittoresquement assis sur sa colline, avec son joli clocher qu’escaladent, en effet des roses, c’est l’intense germination des constructions hâtives en quelques années, le nombre des habitants a passé de 800 à plus de 5 000. »
En 1936, la ville atteint déjà 7 707 habitants ! parmi les nouveaux arrivants, l’on recense de nombreux ouvriers, venus de province ou du cœur de Paris. Le maire, Raymond Baudin, et le curé, l’abbé Marcus, malgré leurs efforts, ne connaissent pas toutes les familles récemment installées dans cette banlieue sud : L’Haÿ n’est plus le village d’autrefois ! la petite ville fait même maintenant partie de ce que l’on appelle la « banlieue rouge ouvrière » de Paris. Dans ces nouveaux quartiers comme le Jardin parisien ou les Blondeaux, les travaux d’infrastructure (routes, canalisations, éclairage…) sont loin d’être terminés. C’est dans ce contexte que la proposition d’édification d’un nouveau lieu de culte est faite. La paroisse de L’Haÿ a tous les critères permettant d’envisager un tel chantier : population ouvrière, paroisse peu riche, déchristianisation…
En octobre 1936, le journal des Chantiers du Cardinal écrit : « La population qui vit là, et qui peut être évalué à 2 000 âmes, habite des pavillons, pour la plupart très modestes, entourés de leur petit jardin ; à l’ouest, des champs de grande culture s’étendent encore jusqu’aux fameuses prisons de Fresnes. Grâce à l’intelligence habileté de M. le Curé, M. l’abbé Marcus, nous avons pu découvrir un terrain bien situé, parce que central. Un jeune architecte a conçu pour ce coin de banlieue d’aspect un peu particulier, une chapelle de forme octogonale. Ce sera très original et constituera le seul type de cette espèce dans le diocèse de Paris. »
Désormais, à partir des plans de l’architecte Biesse, il n’y a plus qu’à lancer les travaux. En avril 1937, ceux-ci sont déjà très bien engagés. « Le corps de bâtiment de forme octogonal est à peu près terminé, écrit le même journal à cette date. Il reste à poser la toiture. Par ailleurs, les travaux arrivent déjà au faîte du clocher. Encore un sanctuaire, qui sera livré au culte dans un avenir très prochain. » Effectivement, c’est bientôt chose faite, courant 1937.
Quelques mois plus tard, le dimanche 17 octobre 1938, le cardinal Verdier honore de sa visite la nouvelle chapelle. « M. le curé de Saint-Léonard présenta « sa ravissante petite basilique octogonale », dont l’autel est orné d’un tabernacle et de chandeliers de cuivre dus au talent du frère Odon de Saint-Wandrille et qui domine, sur une belle tenture décorative, un Christ royal rayonnant du maître Charleir. Avant de se retirer, Mgr le Cardinal bénit le chemin de croix, récemment installé dans la chapelle. »
Sophie HASQUENOPH.
Aujourd’hui la chapelle Sainte-Louise est toujours en service, non seulement pour des offices, des temps de prières, et l’éveil à la foi, mais aussi pour des concerts de musique classique.
La chapelle fut édifiée en 1934, date de la canonisation de Louise de Marillac.
Louise de Marillac (Paris, 12 août 1591 – Paris, 15 mars 1660) est une aristocrate française, fondatrice avec saint Vincent de Paul des filles de la Charité, et reconnue sainte par l’Église catholique. Elle est fêtée le 15 mars.

« Dieu… m’a fait connaître que sa sainte volonté était que j’allasse à Lui par la Croix », a écrit Louise de Marillac.
La fondatrice des Filles de la Charité a connu une enfance privée d’amour. Née le 12 août 1591 de mère inconnue, elle est élevée loin de son père et orpheline à 12 ans. Placée dans une pension, elle est mariée par sa famille à un secrétaire de la reine, Antoine le Gras, après avoir été refusée chez les Capucines. Après un éphémère bonheur, son mari tombe malade et elle-même sombre en dépression. Le dimanche de Pentecôte 1623, elle a la grâce d’une révélation, sa vocation au service des pauvres. Pour l’aider, un directeur spirituel lui est présenté…Vincent de Paul.
C’est le début d’une précieuse collaboration, d’une amitié, d’une communion de trente-cinq années. En 1625, son mari étant décédé, Louise vient habiter avec son fils au collège des Bons-Enfants dont Vincent de Paul est le supérieur. Il lui demande de préparer des vêtements pour les pauvres, puis la sollicite pour visiter ses Confréries de la charité. La jeune femme ranime les ferveurs, réajuste les règlements, accueille et forme de nouvelles filles. Les journées de la communauté se partagent entre prière, service des malades, tâches domestiques et enseignement. Louise rédige un catéchisme pour les aider, insiste sur le droit à l’instruction de tout enfant, sur le respect délicat dû à tout homme.
Parallèlement, elle se consacre intensément à l’œuvre des enfants trouvés. Le 25 mars 1642, les premiers vœux -non religieux- des Filles de la Charité sont prononcés : pauvreté, chasteté, obéissance et service des pauvres. Vis-à-vis de chacune d’elle, Louise entretien une relation attentionnée, encourageante et pleine de pédagogie. Devenue grand-mère, elle confirme à Vincent de Paul qu’elle est désormais en paix. Elle meurt le 15 mars 1660, est proclamée sainte de l’Eglise en 1934. Et, en 1960, le pape Jean XXIII la proclame patronne des œuvres sociales. »
source : Eglise catholique de France








